Santé mentale des personnels soignants et COVID-19

Caractéristiques

Responsable scientifique Roquette Alexandra
Organisme de rattachement Inserm
Laboratoire / Lieu Université Paris-Saclay, UVSQ - CESP, équipe Psychiatrie du Développement et Trajectoires
Année de dépôt 2024

Contexte

Dans le cadre de la pandémie Covid19, des changements brutaux de mode de vie ont pu avoir un retentissement sur la santé mentale des personnes.

Il existe plusieurs groupes potentiellement à risque de problèmes de santé mentale dans le contexte de cette pandémie, notamment, les personnes travaillant dans le secteur de la santé, en particulier celles qui sont directement impliquées dans la prise en charge des patients : les personnels soignants

À ce jour, à quelques exceptions près, la plupart des études évaluant le risque de détérioration de la santé mentale chez les soignants dans le contexte de la pandémie de Covid19 ont été basées sur des données collectées depuis le début de l’épidémie. La prise en compte des facteurs de vulnérabilité vis-à-vis de la santé mentale, préexistants à la pandémie, pourrait permettre une meilleure compréhension de l’impact des modifications des conditions de vie et de travail liées à la pandémie.

 

Objectifs

L’objectif général de ce projet est d’étudier les difficultés de santé mentale exprimées par les personnels soignants et les facteurs associés à ces difficultés en contexte de crise sanitaire en tenant en compte les facteurs de vulnérabilité antérieurs à la pandémie. Pour atteindre cet objectif, il sera d’abord question d’évaluer la fréquence, l’évolution et les facteurs liés aux difficultés de santé mentale chez les personnels soignants en contexte de crise sanitaire, ensuite d’évaluer l’impact de la crise sanitaire sur les trajectoires de symptômes dépressifs chez les personnels soignants.

 

Méthodes

Deux cohortes du projet SAPRIS seront utilisées dans ce projet : NutriNet-Santé et CONSTANCES. Les analyses seront réalisées séparément dans chacune des cohortes, l’aspect multi-cohorte permettant d’évaluer la robustesse des résultats. La population étudiée sera les participants ayant une activité professionnelle au moment de la survenue de la pandémie dans ces deux cohortes. Les critères de jugement sont les niveaux de symptomatologie dépressive et anxieuse. La variable d’intérêt est la profession lors de la crise sanitaire (métier essentiel lié à la santé, métier essentiel non lié à la santé, autre).  

La fréquence de la dépression et des troubles anxieux et l’évolution de la symptomatologie dépressive et anxieuse entre avril et mai 2020 seront décrites selon la profession. Les trajectoires de symptomatologie dépressive et anxieuse antérieures à la pandémie identifiées à l’aide d’un modèle mixte à classe latente seront considérées comme facteur de vulnérabilité, de même que les antécédents de troubles psychiatriques. Des modèles de régression multivariée permettront d’évaluer l’association entre la profession et les scores de dépression et d’anxiété, et de leur évolution entre les deux temps de SAPRIS, en ajustant sur les facteurs de vulnérabilité et les facteurs de confusion potentiels (caractéristiques socio-démographiques, données de santé liées à la Covid19 et aux maladies somatiques, conduites addictives, etc.). Des modèles de croissances seront utilisés pour étudier l’impact de la crise sanitaire sur les trajectoires dépressives et anxieuses des soignants.

 

Perspectives

Ce projet donnera des informations plus précises sur l’évolution de la symptomatologie dépressive et anxieuse des soignants en tenant compte de leur vulnérabilité liée à leur santé mentale antérieure à la pandémie, comparativement aux autres groupes professionnels. Ainsi des mesures de prévention et d’accompagnements pourraient être établies sur la base des facteurs associées à la dégradation de la santé mentale des soignants.

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