Activité professionnelle et vieillissement cognitif

Caractéristiques

Responsable scientifique C. Berr
Organisme de rattachement Inserm
Laboratoire / Lieu Montpellier
Année de dépôt 2014
Type de projet Consortium

Contexte

Ce projet vise principalement à examiner la manière dont les expositions professionnelles au cours de la vie influencent le vieillissement cognitif dès la cinquantaine. Il existe de multiples situations et sources d’expositions au cours de la vie professionnelle. Les hypothèses et expositions professionnelles examinées sont décrites ci-dessous : 

  • Les facteurs de risque psychosociaux au travail : un nombre croissant d’arguments issus d’études prospectives suggère que les facteurs psychosociaux au travail sont des déterminants importants de la santé. Les deux principaux modèles dans ce domaine sont le modèle de la tension au travail et le modèle du déséquilibre effort-récompense (ERI). Les effets cumulés des expositions psychosociales sont susceptibles de persister au-delà de l’âge de la retraite. La mesure dans laquelle ils affectent le vieillissement cognitif reste incertaine et constitue l’un des objectifs de ce projet. 
  • Effets à long terme de l’exposition professionnelle à des agents chimiques ou physiques : outre la toxicité aiguë, les recherches antérieures suggèrent des effets à long terme des expositions chimiques pour diverses maladies chroniques. Nos résultats précédents dans la cohorte Gazel montrent les effets à long terme de l’exposition aux solvants, même après la retraite et la cessation de l’exposition, ils doivent être confirmés. 

L’hypothèse de la réserve cognitive (cf. projet spécifique) suggère que l’intelligence innée ou certaines composantes de notre vie, comme le niveau d’instruction ou l’activité professionnelle, fournissent un ensemble de compétences qui protègent les individus du déclin cognitif. Un statut socio-professionnel et des résultats scolaires plus élevés ont été liés à une diminution du risque de démence, ainsi qu’à de meilleures performances cognitives à un âge avancé. Tout au long de la vie, la complexité des activités professionnelles pourrait aussi jouer un rôle pour améliorer nos compétences en termes de réserve cognitive, en plus des effets de l’éducation. Notre hypothèse est que des situations professionnelles impliquant des adaptations à la nouveauté, un engagement avec les autres, etc. sont susceptibles d’avoir un effet protecteur sur la cognition. La réserve cognitive pourrait être le résultat d’expériences accumulées tout au long de la vie, influencées par des activités stimulant la cognition, tant sur le lieu de travail qu’en dehors de celui-ci, y compris les loisirs et l’activité sociale.

Objectifs

Notre objectif est d’examiner l’association entre les multiples dimensions de l’exposition professionnelles et le vieillissement cognitif, séparément et simultanément, mais aussi en considérant les interactions entre les dimensions positives ou négatives de ces composantes. 

Méthodes

Dans la phase initiale du projet, nous réaliserons des analyses transversales en utilisant les données de Constances qui ont l’avantage de documenter rétrospectivement l’historique complet des emplois. 

Dans un 1e temps, les expositions professionnelles actuelles et vie entière à des agents chimiques, physiques et biologiques sur la base des informations auto déclarées seront analysées et dans un 2e temps le calendrier professionnel couplé aux informations apportées par les matrices MATGENE d’exposition professionnelle.

Les analyses transversales devraient commencer de manière exploratoire sur une base de données comprenant au moins 10 000 sujets de plus de 45 ans dans l’hypothèse où il y aura 20 % de sujets exposés à des solvants au cours de leur vie professionnelle.

L’étude du déclin cognitif sur les 5 premières années de suivi fera suite à ces travaux. Les perspectives pourraient également inclure des biomarqueurs précoces du vieillissement, tels que l’imagerie du cerveau, en fonction du financement.

Perspectives

Pour certaines des expositions étudiées (ex : expositions chimiques, stress au travail), les résultats pourraient déboucher sur des programmes de prévention. 

Note : ce projet fait partie du consortium de recherche ‘PRESAGE – PREparing Successful AGEing’ 

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