Dépression et addiction

Caractéristiques

Responsable scientifique C. Lemogne
Organisme de rattachement Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP)
Laboratoire / Lieu Université de Paris Cité, Paris (France)
Année de dépôt 2014
Type de projet Consortium

Contexte

La dépression majeure est l’une des principales causes d’invalidité dans le monde, et elle coïncide souvent avec des troubles liés à la consommation de substances psychoactives. Cette comorbidité est associée à de moins bons pronostics pour les deux pathologies, mais les mécanismes potentiels ne sont pas entièrement compris et peuvent varier en fonction du type de substance consommée et d’effets différents selon les sous-groupes de population (par exemple, le sexe, l’âge et le statut socioéconomique). Les données de consommation manquent particulièrement chez les personnes âgées. Comme les autres projets du consortium de recherche DEDALE, le présent projet comprendra une approche à la fois transversale et longitudinale. Compte tenu du vieillissement rapide de la population française, une attention particulière sera également portée à la dépression tardive. 

Objectifs

Les objectifs spécifiques de ce projet sont les suivants : 

1. Décrire la prévalence de la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis associée aux états dépressifs en France en fonction du sexe, de l’âge et du statut socio-économique. 

2. Etudier si les disparités de prévalences de consommation d’alcool, de tabac et de cannabis selon le sexe, l’âge et le statut socio-économique ou si les disparités d’effets de consommation de ces différentes substances contribuent aux différences de prévalence d’états dépressifs selon le sexe, l’âge et le statut socio-économique. 

3. Déterminer la spécificité des effets de chaque drogue sur les états dépressifs. 

4. Comprendre les relations de cause à effet entre la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis et les états dépressifs. 

Méthodes

Les états dépressifs seront mesurés à l’inclusion et tous les trois ans à l’aide de l’échelle CESD. Le modèle linéaire général (GLM) sera utilisé pour examiner les différences de sexe, d’âge et de statut socio-économique dans la prévalence de chaque substance et le risque conditionnel de dépression en fonction de la substance. Le modèle d’équation structurelle (SEM) avec médiation modérée sera utilisé pour tester la présence de chaque substance et le risque conditionnel de dépression par substance. Étant donné que les troubles liés à la consommation de substances psychoactives sont souvent concomitants, nous combinerons l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) ou l’analyse factorielle exploratoire avec la SEM pour déterminer dans quelle mesure l’association entre la consommation de substances psychoactives et les états dépressifs est spécifique à chaque substance et dans quelle mesure elle est due à la consommation concomitante de plus d’une substance psychoactive. L’hypothèse selon laquelle la direction prédominante de l’association bidirectionnelle va de la consommation de substances aux états dépressifs sera testée à l’aide des méthodes des variables instrumentales et des scores de propension.

Perspectives

L’analyse des causes de la forte association entre la dépression majeure et chaque trouble lié à l’utilisation de substances permettra de mieux comprendre l’étiologie de ces troubles et de mettre au point des traitements et des interventions préventives plus efficaces. Examiner si cette comorbidité est plus fréquente/plus préjudiciable dans des sous-groupes spécifiques de la population et comprendre les raisons de cette vulnérabilité accrue hypothétique dans des sous-groupes spécifiques serait crucial pour mettre en œuvre des interventions personnalisées.

Note : Ce projet fait partie du consortium de recherche « DEDALE – Déterminants et évolution des états dépressifs : approche longitudinale en épidémiologie intégrative ». 

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