Douleurs pelviennes chroniques chez les femmes de 18 à 25 ans

Caractéristiques

Responsable scientifique F. Margueritte
Organisme de rattachement Inserm
Laboratoire / Lieu Villejuif
Année de dépôt 2021
Type de projet Données uniquement

Contexte

Les algies pelviennes chroniques (APC) sont définies par l’existence de symptômes douloureux pelviens anormaux, spontanés ou provoqués, cycliques ou non. Cette définition inclue notamment les dysménorrhées (douleurs de règles) sévères, la dyspareunie (douleur survenant lors d’un rapport avec pénétration) profonde ou fréquente et tous les autres symptômes douloureux chroniques (douleurs chroniques autres non menstruelles) localisés dans les territoires neuroanatomiques référés du pelvis. Les APC ne présentent pas nécessairement un substrat organique. Des pathologies peuvent expliquer ces troubles, l’endométriose étant une des causes principales. D’autres pathologies gynécologiques ou non gynécologiques peuvent être à l’origine de ces douleurs tels que les maladies chroniques inflammatoires de l’intestin, des éventuelles malformations génitales ou mutilations génitales féminines, des troubles musculosquelettiques, des maladies de système. Ces évènements douloureux peuvent être à l’origine d’altération de la qualité de vie et avoir un impact médico économique non négligeable. Les « femmes jeunes adultes » constituent la classe d’âge des femmes âgées de 18 à 25 ans. Cette classe d’âge concerne les femmes en fin d’adolescence ainsi que les femmes majeures débutant la vie adulte. Il s’agit de la classe d’âge la plus impactée par les algies pelviennes chroniques notamment en termes de douleurs de règles sévères, de dyspareunies et de douleurs pelviennes chroniques autres. Ces APC sont à l’origine de plusieurs conséquences néfastes dans la vie de ces jeunes femmes, notamment en termes de qualité de vie, de santé sexuelle, ou d’absentéisme lors des études ou du travail. La jeune femme adulte (18-25 ans) représente une tranche d’âge particulière chez qui une intervention en termes de prévention et d’action de santé est plus facile du fait de la majorité et de l’indépendance vis-à-vis des parents pour la prise en charge médicale en France. Par ailleurs, la stratégie développée par ces femmes vis à vis des APC est différente à cet âge notamment pour les dysménorrhées. Le retentissement des APC en termes de handicap (dépression, troubles du sommeil, état de santé perçu, qualité de vie perçue, relation au travail ou interactions sociales) n’a pas été étudié spécifiquement dans cette population alors que celle-ci est bien décrite pour l’endométriose où la présence de cette maladie est associée à une qualité de vie altérée.

Objectifs

L’objectif de cette analyse est de décrire et de mesurer la prévalence des APC au sein de la population des femmes 18-25 ans ainsi que leur variation avec l’âge, puis d’en mesurer l’impact en termes de handicap tel que la dépression, les troubles du sommeil, l’état de santé perçu et la qualité de vie perçue. En fonction de la sévérité des différents handicaps, notamment psycho sociaux, nous définirons des indicateurs de sévérité des APC de façon à permettre d’identifier des groupes de femmes symptomatiques homogènes au sein desquelles des interventions de prévention secondaire pourrait être envisagées compte tenu des handicaps présentés. Notre hypothèse que la population des 18-25 ans est une population particulière (la plus concernée par les APC) sera vérifiée au cours de l’étude par comparaison aux autres tranches d’âge (26-35) et (36-45).

Méthode

Les critères d’inclusion et d’exclusion de ce projet seront les mêmes que ceux précédemment utilisés dans Constances pour décrire les APC :

Critères d’inclusion :

– Femmes âgées de 18 à 25 ans, de 26 à 35 ans et de 36 à 45 ans

– Toutes les femmes ayant répondu aux 3 questions concernant les APC à savoir la dysménorrhée, la dyspareunie, les douleurs chroniques non menstruelles

– Quel que soit leur année d’inclusion

Critères d’exclusion :

– Femmes ayant au moins une réponse manquante à l’une des composante d’APC

– Femmes déclarant n’avoir jamais eu de rapport sexuel ou ne répondant pas à la question

– Femmes ne présentant pas de règles au cours des 3 derniers mois quel que soit le motif (grossesse, allaitement, thérapeutiques médicamenteuses), celles-ci ne devant pas répondre à la question sur les dysménorrhées et les douleurs chroniques autres sur le questionnaire santé des femmes de CONSTANCES

– Femmes ayant coché la case ne souhaite pas répondre à la question sur les douleurs survenant lors des rapports

L’estimation de ces prévalences (1ere étape) va se faire grâce au questionnaire santé des femmes et au questionnaire qualité de vie de CONSTANCES. Les indicateurs d’APC sont au nombre de 3 comprenant la dysménorrhée ou douleur survenant pendant les règles, la dyspareunie ou douleur survenant pendant les rapports et les douleurs chroniques non menstruelles. Ces 3 questions sont extraites des questionnaires mode de vie et santé des femmes de CONSTANCES. L’estimation de ces prévalences pour la population des femmes jeunes adultes à chaque âge de la vie des jeunes femmes nous permettra de préciser une tendance en fonction de l’âge. Les pondérations disponibles nous permettront d’apprécier si nos estimations sont ou non biaisées et si nécessaire d’affiner nos résultats. La 2ème étape consistera à analyser le lien entre les indicateurs d’APC et les marqueurs de handicap construits à partir des variables disponibles dans le questionnaire mode de vie ou dans les questionnaires de suivi. Ces marqueurs de handicap couvriront différents domaines tels que la dépression, les troubles du sommeil, l’état de santé perçu et la qualité de vie perçue, la qualité de vie au travail, les interactions sociales. Chaque marqueur sera étudié selon les 3 groupes prédéfinis à la première étape selon une régression logistique multinomiale. Des facteurs de confusion potentiels (âge, variables socio démographiques (origine géographiques), variables d’intérêt gynécologique, et variables ayant attrait au mode de vie seront pris en compte lors de l’analyse.

Perspectives

En cas d’altération de la santé associée à des symptômes d’APC sévères ou fréquents ou multiples, cela permettra de définir, une population particulière de jeunes femmes adultes à risque de complications telles que nous les avons définies et présentant de ce fait un besoin en santé. Cette population pourra être la cible d’une intervention en santé, en termes de dépistage et de prise en charge des APC, car elles sont sources de handicap. L’estimation de la prévalence de ces symptômes nous permettra d’avoir une cartographie de la situation des jeunes femmes adultes en France vis-à-vis des APC, élément qui n’est à ce jour pas étudié de façon spécifique dans cette population. Une telle démarche permettra ensuite de cibler une population particulière de femmes jeunes adultes présentant des APC associées à un handicap, relevant d’un besoin de soins, chez qui une intervention en soins primaires de prévention et de promotion peut être proposée : action auprès des étudiantes via la santé scolaire, information lors de la visite en santé au travail ou campagnes de sensibilisation auprès des établissements formateurs ou structures recevant du jeune public.

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