Epidémiologie de la maladie rénale chronique en France

Caractéristiques

Responsable scientifique J. Blacher
Organisme de rattachement Université de Paris Cité
Laboratoire / Lieu Paris
Année de dépôt 2021
Type de projet Données uniquement

Contexte

La maladie rénale chronique (MRC) se définit indépendamment de sa cause, par la présence pendant plus de 3 mois de marqueurs d’atteinte rénale et/ou d’une baisse du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) en deçà de 60 ml/min/1,73m². Différents stades de MRC ont été définis selon le niveau de DFGe. Les stades 3 à 5 de la MRC stade 3-5 correspondent aux stades associés à un DFGe inférieur à 60 ml/min/1,73m2. Cette pathologie chronique constitue une complication fréquente du diabète ou de l’hypertension artérielle (HTA). L’HTA et le diabète représentaient en 2018 près de la moitié des causes retenues de défaillance rénale (anciennement dénommé « insuffisance rénale chronique terminale » (IRCT)) chez les patients incidents en suppléance rénale (dialyse et greffe). La MRC s’associe également à une augmentation du risque cardiovasculaire et de la mortalité, si bien que pour un patient à un stade précoce le risque de mourir d’une pathologie cardiovasculaire est supérieur à celui d’atteindre le stade de dialyse. Enfin, cette pathologie impacte de manière considérable la qualité de vie des patients. Prévenir le risque de MRC, améliorer son dépistage à un stade précoce et ralentir sa progression vers la défaillance rénale constituent de véritables objectifs de santé publique. Si l’épidémiologie de la défaillance rénale est en France bien décrite de façon régulière par l’Agence de la Biomédecine (registre REIN), cette description reste très parcellaire pour les stades moins avancés avec très peu de données disponibles en population.

Objectifs

L’analyse transversale permettra notamment de préciser les principales caractéristiques de la population de patients MRC stades 3 à 5 de cette cohorte, et de fournir une estimation de la prévalence de la maladie. Ces données seront complétées par une analyse en extrapolation à la population générale, permettant d’estimer la prévalence de cette pathologie au sein de la population française. L’analyse longitudinale des données permettra d’étudier les principaux déterminants associés à la survenue d’une complication de la MRC au cours du suivi, et d’évaluer les différents facteurs associés à la diminution du débit de filtration glomérulaire.

Méthodes

Ce projet d’étude ancillaire est basé sur l’étude des données observationnelles issues de la cohorte CONSTANCES, pour analyses transversale et longitudinale. Tous les sujets ayant participé de manière volontaire à l’inclusion dans la cohorte CONSTANCES sont éligibles à l’inclusion dans l’étude pour répondre aux différents objectifs du projet notamment concernant l’évaluation de la prévalence de la maladie rénale chronique. Ainsi, tous les participants âgés de 18 à 69 ans inclus dans l’un des 22 centres de prévention de France, entre la 2012 et 2018 sont éligibles à l’inclusion dans le projet d’étude. Certains objectifs visent à étudier les caractéristiques ou le devenir des patients présentant une MRC concerneront donc les patients présentant un DFG estimé < 60ml/mn/1.73m² (stades 3 à 5) et/ou une protéinurie pathologique (stades 1 à 5 selon le niveau de DFG estimé). Les statistiques descriptives seront complétées par la réalisation de modèles de régression logistiques, linéaires, et analyses de survie (méthode de Kaplan Meier et modèles de Cox). Les analyses univariées seront complétées par des analyses multivariées. Les valeurs de p seront rapportées, avec un seuil de significativité défini à 0,05. Les analyses statistiques seront réalisées par le biais du logiciel R, via l’interface R Studio.

Perspectives

L’objectif principal de ce travail est d’obtenir une estimation de la prévalence de la maladie rénale chronique stades 1 à 5 en France en appliquant à la population française les taux de prévalences par classes d’âges obtenus par l’analyse des données issues de cette cohorte représentative de la population française. La maladie rénale chronique représente un véritable problème de santé publique avec retentissement sur la qualité de vie et l’espérance de vie. Des stratégies de prévention de la défaillance rénale existent mais restent largement à optimiser. Les données épidémiologiques françaises actuellement disponibles sont limitées aux stades avancés de la MRC notamment le stade de défaillance rénale où l’indication d’un traitement de suppléance est indiquée. Or, les stratégies de prévention de la MRC et de la défaillance rénale en cas de MRC établie, nécessitent une prise en charge précoce en amont de ce stade 5 où bien souvent seule la suppléance rénale reste envisageable. L’obtention de ces données épidémiologiques permettrait de mieux appréhender l’importance de la MRC en population générale et les possibles modalités de prise en charge à optimiser pour retarder ou éviter la survenue d’une défaillance rénale ultérieure. Les principaux objectifs secondaires sont de fournir une description des caractéristiques et déterminants associés à la maladie rénale chronique, ainsi que les déterminants du risque de mortalité dans cette population. Les résultats issus de ces travaux pourront être proposés pour diffusion à différents congrès scientifiques notamment le congrès annuel de la Société Francophone de Néphrologie Dialyse et Transplantation et pour publications dans des revues médicales scientifiques à orientation néphrologique et/ou santé publique. 

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