Evaluation des moyens financiers consentis par les individus pour réduire les risques sur leur santé

Caractéristiques

Responsable scientifique L. Rochaix
Organisme de rattachement Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Laboratoire / Lieu France
Année de dépôt 2017
Type de projet Données uniquement

Contexte

Les risques pour la santé et la sécurité des personnes sont des aspects inévitables de la vie. Même s’il était possible de réduire à zéro l’exposition aux risques, les moyens financiers ne permettraient pas de le faire, puisque qu’un mode de vie impliquant zéro risque accaparerait toutes les ressources d’un individu, le laissant sans moyens de faire quoi que ce soit d’autre. Le dilemme consiste à faire un compromis entre les risques pour la santé et les autres usages du temps et de l’argent. Ce choix n’est pas limité aux individus. Les pouvoirs publics qui tâchent de réduire les risques ont besoin d’évaluer le coût de ces interventions et leurs bénéfices. Comme dans le cas du choix des individus, les gouvernements ont à leur disposition une palette limitée d’interventions possibles, et ils n’ont à leur disposition qu’un budget limité. Afin de déterminer les meilleurs choix, le rapport coût-bénéfice de chaque intervention a besoin d’être évalué. La valeur de la réduction du risque de mortalité, habituellement évaluée par la valeur statistique de la vie, compte pour beaucoup dans la quantification des bénéfices de beaucoup d’interventions en matière d’environnement, de santé et de règlements de sécurité. 

Objectifs

Grâce aux données d’auto-questionnaires et aux données administratives, nous proposons tout d’abord d’évaluer les biais potentiels dans la déclaration des revenus individuels et des ménages. C’est une question méthodologique à résoudre avant d’avancer dans notre projet, et plus largement avant toute étude des inégalités socio-économiques en termes de revenus, de santé et d’accès à la santé. Puis nous proposons d’élucider les relations empiriques entre salaire horaire, santé, exposition aux produits chimiques, et réduction des risques de mortalité et morbidité. Nos utiliserons les données de risque et de santé de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) ainsi que les données individuelles issues de Constances. Nous apparierons les données de mortalité et de morbidité par branches industrielles de la CNAMTS avec celles de chaque participant à Constances. Nous étudierons comment ces choix varient en fonction de l’état de santé des individus et de l’exposition à différents risques professionnels. Nous effectuerons une régression à effets fixes, ce qui nous permettra d’exploiter les changements d’emplois des participants comme source principale de variations des primes d’assurance.

Méthodes

 Nous utilisons les données détaillées et publiques collectées par la Sécurité sociale française (Assurance maladie) sur la mortalité et la morbidité par branches professionnelles. Elles incluent tous les accidents déclarés, létaux et non létaux, subis par tous les travailleurs couverts par chaque branche identifiée par sa NAF Insee (Nomenclature d’activités française), au nombre de plus de 700. Pour explorer la volonté de payer en fonction des risques de mortalité et de morbidité, nous utiliserons un modèle de régression à effet fixe, pour nous permettre de contrôler les variables fixes non observées ; nous serons aussi en mesure de contrôler pour un large ensemble de caractéristiques variables dans le temps grâce à la richesse des données individuelles de Constances. 

Perspectives

D’abord nous estimerons le biais potentiel constitué par la déclaration des revenus individuels et familiaux. Puis nous espérons pouvoir donner une première estimation pécuniaire de la façon dont les individus en France font des compromis entre risque et avantage financier, basé sur leurs préférences. Cela améliorera notre connaissance de l’appréciation de la valeur qu’ils accordent à la réduction des risques. Ce projet comblera un manque important dans la littérature sur les politiques économiques et de santé. Les pouvoirs publics seront ainsi mieux à même de décider des interventions sur les risques pour la santé dans divers domaines comme le transport, les expositions environnementales et chimiques. 

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