Exposition aux ultraviolets solaires et impact sur la santé de la peau et des yeux

Caractéristiques

Responsable scientifique A. Cougnard-Gregoire
Organisme de rattachement Inserm
Laboratoire / Lieu Bordeaux
Année de dépôt 2020
Type de projet Données uniquement

Contexte

La peau et les yeux sont les principaux organes cibles d’une exposition aigue et prolongée aux rayonnement ultraviolets (UV) solaires. Les affections majeures voire irréversibles touchant ces organes font de la prévention de l’exposition aux UV solaires, un enjeu sanitaire important. On estime que 65 à 95 % des mélanomes cutanés et la majorité des carcinomes cutanés proviendraient d’une exposition excessive aux UV. L’exposition aux UV solaires est aussi un facteur de risque connu de maladies oculaires comme la cataracte et suspecté dans la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) qui représentent des causes majeures de déficience visuelle. Les travailleurs exerçant à l’extérieur sont donc particulièrement à risque de ces pathologies du fait de leur exposition cumulée importante aux UV et ceci concerne environ 10 % de la population. Bien que l’ensemble du rayonnement UV a été classé en tant que “cancérogène certains pour l’homme (groupe 1)” en 2009 par le centre International de Recherche sur le cancer (CIRC), les risques pour la santé liés aux surexpositions solaires professionnelles ne sont pas reconnus. Ainsi, ni le cancer cutané ni la cataracte ne sont inscrites aux registres des maladies professionnelles de la Sécurité Sociale. En France, on ne dispose que de peu de travaux permettant d’évaluer les expositions professionnelles aux UV solaires et l’impact de ces dernières sur la santé de la population française. Egalement peu d’études françaises ont objectivé quantitativement le poids des cancers cutanés et pathologies oculaires d’origine professionnelle. Ce type d’étude est pourtant nécessaire pour la reconnaissance de ces pathologies comme maladies professionnelles et pour la mise en œuvre de préventions adaptées.

Objectifs

Les objectifs de ce projet seront : 

  1. d’estimer l’exposition professionnelle aux UV solaires et aux co-expositions (augmentant la photosensibilisation), dans la population de la cohorte Constances, chez les travailleurs en extérieur et chez les travailleurs en intérieur selon le type de professions et la localisation géographique ;
  2. d’estimer l’incidence de cancers de la peau (mélanomes cutanés, carcinomes baso- et spino-cellulaires (CCB et CCS)) et de pathologies oculaires (DMLA et cataracte) ;
  3. d’estimer les associations entre les différentes expositions aux UV (UVA, UVB, UV érythémal, UV total) et les risques de cancers cutanés et de pathologies oculaires dans la population générale et dans des professions particulièrement exposées et d’identifier le type de rayonnement UV associé à chaque pathologie en prenant en compte les différents facteurs de risque et co-expositions ;
  4. de calculer les fractions de cancers de la peau et de pathologies oculaires attribuables aux expositions professionnelles aux UV solaires.

Méthodes

Les sujets inclus dans cette étude seront tous les participants de la cohorte Constances âgés de 18 ans et plus à l’inclusion et ayant répondu à l’inclusion aux questionnaires « calendrier professionnel » ; « Médical » ; « Mode de vie et santé » et ayant répondu à au moins un questionnaire de suivi, dont celui de 2018. Les sujets ne devront pas avoir présenté les pathologies étudiées à l’inclusion. Dans un premier temps, nous identifierons les travailleurs exposés professionnellement aux UV solaires et ceux non exposés et créerons une matrice emplois-exposition grâce à l’outils de transcodage permettant d’obtenir les correspondances des nomenclatures (métiers est acteurs d’activité) de matrices emploisexpositions déjà existantes et ayant recensé les indices d’UV solaires (Canjem, par exemple). Nous estimerons ensuite la prévalence d’exposition professionnelle aux UV solaires, carrière entière dans la cohorte Constances. Dans un deuxième temps, nous estimerons les incidences de mélanomes cutanés, carcinomes baso et carcinomes spino-cellulaires, cataracte et DMLA. Dans un troisième temps nous estimerons les associations entre expositions aux UV solaires (en distinguant les différents types d’UV solaires) et les incidences des cancers de la peau et des pathologies oculaires par des modèles de Cox. Enfin, dans un quatrième temps, nous calculerons les fractions de cancers de la peau et de pathologies oculaires attribuables aux expositions professionnelles aux UV solaires à l’aide de la formule de Levin.

Perspectives

Ce projet permettra de déterminer l’incidence de mélanome cutané, de CCB, de CCS, de cataracte et de DMLA dans un large échantillon représentatif de la population française et d’identifier les types d’exposition aux UV et les métiers à haut risque pour lesquels des efforts particuliers de prévention et/ou de prise en charge pourraient être particulièrement utiles. Ce projet permettra également de quantifier l’impact sanitaire de l’exposition professionnelle solaire sur la santé de la peau et des yeux des travailleurs nécessaires à la reconnaissance de ces pathologies en tant que maladies professionnelles. De telles études épidémiologiques sont indispensables pour définir des politiques de santé publique dans notre pays, visant à la réduction de ces pathologies et des conséquences délétères qui en découlent, par le développement de stratégies de prévention (recommandation sur les heures travaillées à l’extérieur selon la latitude et la saison ; prévention aux expositions solaires professionnelles adaptées selon le métier concerné en informant et formant les salariés exposés aux risques du rayonnement UV et aux mesures de prévention à prendre ; mise en place d’une surveillance médicale et d’un suivi des travailleurs exposés aux rayons UV).

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