Orientation sexuelle et bien-être psychologique

Caractéristiques

Responsable scientifique MJ. Saurel-Cubizolles
Organisme de rattachement Inserm
Laboratoire / Lieu Paris
Année de dépôt 2015
Type de projet Données uniquement

Contexte

Depuis une trentaine d’années les études sur la santé des homosexuels-les se sont multipliées, essentiellement dans les pays anglo-saxons. L’épidémie à VIH a été le moteur de nombre d’entre elles, ce qui implique que la grande majorité concerne les hommes et les infections sexuellement transmissibles. Un autre courant de recherche, plus ancien, centré sur l’homosexualité comme problème, a connu de formidables transformations. Le présupposé de la majorité de ces travaux, jusqu’aux années cinquante, était que l’homosexualité est une pathologie mentale, dans la suite de certaines théorisations de la psychiatrie depuis le milieu du 19ème siècle. Des institutions comme l’American Psychiatric Association ou l’Organisation Mondiale de la Santé ont, jusqu’en 1974 pour la première et 1993 pour la seconde, considéré l’homosexualité comme une maladie mentale. Le développement récent d’enquêtes quantitatives dans le domaine de la santé qui prennent en compte l’orientation sexuelle a permis de renouveler les perspectives de travail. D’une certaine manière, nous sommes passés d’une vision majoritaire de l’homosexualité comme trouble psychiatrique à la santé mentale des homosexuel-les comme question de santé publique. Néanmoins cette thématique de recherche reste peu développée en France. Sur la base de plusieurs grandes enquêtes quantitatives (Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France en 2000, Contexte de la Sexualité en France en 2006, Enquête Presse gaie et lesbienne en 2011), nous avons analysé comment la prise en compte de l’orientation sexuelle dans ses multiples dimensions modifie l’estimation des risques en termes de consommation de substances psychoactives, et de bien être psychologique, risques décrits dans la littérature scientifique comme plus élevés pour les personnes non hétérosexuelles. Des revues de la littérature sur la santé des gais et des lesbiennes ont été publiées depuis le début des années 2000. Ces revues dressent un tableau cohérent d’une moins bonne santé mentale pour les personnes homosexuelles et surtout bisexuelles. Les études sont particulièrement convergentes à propos du risque plus élevé de tentatives de suicide. 

Objectifs

Etudier les relations entre l’orientation sexuelle et la santé mentale, pour l’ensemble de la population en France ; analyser si ces relations sont similaires pour les femmes et pour les hommes ; tester une éventuelle hétérogénéité sociale en analysant l’ampleur de ces relations dans différents groupes sociaux. 

Méthodes

Les données de la cohorte Constances permettront d’identifier trois groupes de personnes selon le sexe de leurs partenaires au cours de la vie (uniquement des partenaires de l’autre sexe/ des partenaires des deux sexes/ uniquement des partenaires de même sexe). La santé mentale sera évaluée à partir des réponses au CES-D lors du questionnaire d’inclusion, par la mention de « Dépression traitée et/ou hospitalisée » ou de « Tentative(s) de suicide » dans le questionnaire médical ainsi que dans les questionnaires de suivi. La consommation de substances psychoactives (tabac, alcool, cannabis) sera étudiée. L’analyse, réalisée à l’aide du logiciel SAS, mettra l’accent sur la comparaison entre les femmes et les hommes. 

Perspectives

Bien que l’orientation sexuelle ne puisse être définie que par une seule composante (le sexe des partenaires) l’effectif important de la cohorte Constances et son recrutement dans les différents groupes sociaux permettront un approfondissement des résultats antérieurs. 

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