Troubles neurocognitifs et VIH

Caractéristiques

Responsable scientifique A. Makinson
Organisme de rattachement IRD
Laboratoire / Lieu Montpellier
Année de dépôt 2014
Type de projet Données uniquement

Contexte

Les troubles neurocognitifs (TNC) chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sont classés en déficits neurocognitifs asymptomatiques, troubles neurocognitifs légers et démences associées au VIH. Leur prévalence dans une population sous traitement antirétroviral avec charge virale indétectable a été estimée entre 19 et 30%. L’intérêt de la prise en charge des TNC légers ou asymptomatiques chez les PVVIH va s’accroître avec le vieillissement de cette population, puisque l’âge et ses comorbidités associées sont des facteurs de risque reconnus. A notre connaissance, aucune étude n’a examiné les poids respectifs de l’infection VIH par rapport aux autres facteurs de risque des TNC du sujet âgé ou prévieillissant en comparant la fréquence des TNC définie dans une population de PVVIH à celle des sujets non exposés à l’infection par le VIH. Ce projet a pour objet d’étudier les TNC des PVVIH « senior » par rapport à ceux d’un groupe de sujets non infectés par le VIH constitué de sujets inclus dans la cohorte généraliste CONSTANCES. 

Objectifs

L’objectif principal est d’estimer la prévalence des TNC selon la classification de Frascati dans une population de PVVIH entre 55 ans et 70 ans (exposée) et de la comparer à celle estimée en population générale dans la cohorte CONSTANCES (non exposée) après appariement sur l’âge, le genre, l’origine géographique et la catégorie socioprofessionnelle.

Les objectifs secondaires sont:

  1. d’étudier les facteurs associés à la présence de TNC légers ou asymptomatiques en distinguant la part attribuable aux facteurs de risques classiques de TNC et celle des facteurs liés à l’exposition VIH ;
  2. de comparer dans les deux populations les caractéristiques physiques, les plaintes cognitives et les comorbidités. Deux sous-études ancillaires sur les marqueurs d’activation immunitaire et d’imagerie cérébrale sont associées au projet, ainsi que la constitution d’une biothèque. 

Méthodes

Cette étude concerne des PVVIH de 55 à 70 ans, avec charge virale indétectable B 24 mois et un taux de CD4 B200 cellules/Dl B 12 mois. Les sujets du groupe non exposé au VIH seront recrutés dans le cadre de l’étude CONSTANCES dans les Centres d’examens de santé de la Sécurité Sociale des mêmes régions que les centres prenant en charge les PVVIH par tirage au sort après appariement sur l’âge, le sexe, l’origine géographique et la catégorie socioprofessionnelle. CONSTANCES est une cohorte épidémiologique en population générale. Le mode de recueil des données chez les PVVIH va s’appuyer sur la méthodologie de l’étude CONSTANCES, tout particulièrement les méthodes de passation des tests neurocognitifs par des neuropsychologues. Le critère de jugement principal est la prévalence des TNC selon les critères de Frascati chez les PVVIH et chez les non exposés. Les critères de jugement secondaires sont : 1) la prévalence des déficits asymptomatiques, légers et les démences associées au VIH, 2) la distribution des scores cognitifs et des scores des tests physiques bruts ou après transformation selon les propriétés des distributions. Enfin, dans le groupe exposé (PVVIH), deux études ancillaires étudieront les anomalies structurales à l’IRM, spectroscopiques et en imagerie du tenseur de diffusion ainsi qu’un large panel de marqueurs d’activation immunitaire dans un sous-groupe de sujets. Sous l’hypothèse d’une prévalence des TNC de 17% chez les non exposés et de 27% dans une population de PVVIH de 55-70 ans avec une charge virale indétectable, le nombre de sujets nécessaire est de 210 PVVIH et 420 non exposés à l’infection avec une puissance de 80% (précision de 6%). L’analyse des facteurs associés à la présence d’un TNC sera menée avec une modélisation logistique. 

Perspectives

Tout d’abord, l’étude permettra de mieux estimer la prévalence des TNC chez les PVVIH pré- et vieillissantes avec une bonne réponse virologique, et d’autre part, de mieux appréhender les facteurs associés au vieillissement cognitif et de vérifier si la fréquence éventuelle plus élevée de ces TNC n’est pas secondaire à la prévalence plus importante de facteurs de risques/étiologiques de HAND par rapport à la population générale. 

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