Recherche et études

Adversités dans l’enfance, symptômes fonctionnels respiratoires et vulnérabilité à la persistance des symptômes

CARACTÉRISTIQUES

Responsable scientifique C. Lemogne
Organisme de rattachement Université Paris Cité et AP-HP
Spécificités Données uniquement
Année d'acceptation 2025
Statut En cours

Contexte

Les symptômes physiques persistants (SPP), tels que la fatigue, les douleurs ou la dyspnée, sont fréquents dans la population générale, y compris en dehors de toute pathologie biomédicale active ou malgré une rémission biologique. Ils représentent jusqu’à 50 % des motifs de consultation en soins primaires et entraînent des coûts humains, sociaux et économiques considérables. Si leur origine est aujourd’hui considérée comme multifactorielle, peu d’études ont adopté une approche transdiagnostique et fondée sur le parcours de vie.

Parmi les facteurs de vulnérabilité possibles, les événements adverses vécus dans l’enfance (abus, négligences, séparations, violences, etc.) sont connus pour affecter durablement la santé physique et mentale. Leur rôle dans la survenue de symptômes physiques persistants à l’âge adulte demeure cependant insuffisamment étudié, en particulier concernant leurs interactions avec les symptômes dépressifs ou avec les événements médicaux survenus plus tard dans la vie. Ces expériences sont par ailleurs souvent tues dans les contextes cliniques, ce qui complique leur reconnaissance et leur prise en charge.

Objectifs

Ce projet vise à mieux comprendre les mécanismes liant les événements adverses vécus durant l’enfance et la survenue de symptômes physiques persistants à l’âge adulte. Il s’appuie sur un modèle intégré bio-psycho-social et utilise la dyspnée fonctionnelle (dyspnée en l’absence d’anomalie spirométrique ou de pathologie identifiable) comme marqueur d’une vulnérabilité à la perception des symptômes physiques persistants.

Trois objectifs principaux sont poursuivis :

  • Explorer l’association entre les événements adverses vécus de l’enfance et la dyspnée fonctionnelle, en tenant compte d’éventuels modérateurs sociaux (sexe, conditions de vie durant l’enfance, statut socio-économique, etc.).
  • Examiner le rôle médiateur des symptômes dépressifs, en particulier les plaintes somatiques, dans cette association.
  • Évaluer l’association entre les événements adverses vécus de l’enfance et la survenue de symptômes physiques persistants à l’âge adulte, en tenant compte du rôle modérateur des événements médicaux aigus (ex. infection à SARS-CoV-2) et du rôle médiateur de la dyspnée fonctionnelle.

Méthodes

Le projet s’appuie sur les données de CONSTANCESSeront inclus les participants recrutés avant 2020, ayant des données spirométriques normales et ne présentant pas de pathologie connue pouvant expliquer une dyspnée (n estimé = 161 000).

Perspectives

Cette étude apportera une contribution majeure à la compréhension des mécanismes de vulnérabilité aux symptômes physiques persistant en proposant un modèle bio-psycho-social empirique, articulant modèles issus des sciences cognitives, épidémiologie sociale et santé mentale. L’identification de la dyspnée fonctionnelle comme marqueur transdiagnostique est une innovation dans ce domaine de recherche.

Sur le plan clinique, le projet offrira aux professionnels de santé des repères pour identifier les patients dont les symptômes pourraient être en lien avec des événements adverses vécus et/ou des symptômes dépressifs. Il contribuera ainsi à une approche plus personnalisée et empathique, évitant la psychologisation simpliste.

Sur le plan sociétal, le projet répond aux préoccupations des associations de patients concernant la reconnaissance des symptômes physiques persistant. En mettant en évidence des facteurs objectivables de vulnérabilité, sans exclure les causes biomédicales, il favorisera une meilleure acceptabilité des explications bio-psycho-sociales, tant pour les patients que pour les soignants.

Les résultats seront diffusés lors de congrès scientifiques, dans des publications en libre accès, et auprès des cliniciens impliqués dans la prise en charge des symptômes physiques persistants. La composition interdisciplinaire du consortium (psychiatrie, médecine interne, pneumologie, épidémiologie sociale) garantira une valorisation à la fois scientifique et clinique.

Informations réglementaires

Responsable de traitement

Le traitement des données à caractère personnel est placé sous la responsabilité de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) situé au 101 rue de Tolbiac, 75 013 Paris – www.inserm.fr

Délégué à la protection des données

Pour la cohorte et l’étude : Délégué à la protection des données de l’Inserm, dpo@inserm.fr ou 101 rue de Tolbiac, 75013 Paris.

Base légale du traitement et recours à des données dites sensibles

Le traitement de données personnelles nécessaire à la mise en œuvre de cette étude répond à l’exécution d’une mission d’intérêt public dont est investie l’Inserm et nécessite le traitement de données personnelles de santé à des fins de recherche scientifique.

Catégories de données concernées par les traitements

Les données socio-démographiques, les données relatives à la santé physique, les dates relatives à la conduite de la recherche, les données relatives à l’origine ethnique, à la situation familiale, au niveau de formation, à la vie professionnelle, la consommation de tabac et d’alcool, les habitudes de vie et comportements, les données relatives aux évènements de vie potentiellement traumatisants survenus avant l’âge de 18 ans ainsi que les données relatives à la qualité de vie. L’accès à certaines de ces données est en cours d’autorisation.

Destinataires ou catégories de destinataires des données à caractère personnel

Dans le cadre de cette étude, les données seront mises à la disposition du responsable de l’étude, chercheur à l’Inserm (Institut public), France. Cette mise à disposition est nécessaire à la réalisation des analyses statistiques menées par l’équipe en charge de l’étude.

Durée de conservation en base active des données à caractère personnel

Les données seront conservées par le responsable de traitement dans un espace sécurisé au CASD pendant 4 ans, d’avril 2026 à avril 2030. Par ailleurs, les données sont archivées par l’UMS11 dans le cadre de l’autorisation initiale de la cohorte Constances jusqu’en 2041 (durée susceptible d’être prolongée par une nouvelle autorisation de la CNIL).

Droits des personnes concernées et modalités d’exercice de ces droits

Les données nécessaires à cette étude sont traitées conformément au Règlement général relatif à la protection des données « RGPD » (Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016) et à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés. L’ensemble des droits et les moyens pour les exercer sont disponibles sur « Droits et protection des données ». Il est également possible de s’adresser au responsable de traitement de cette étude, par l’intermédiaire de son délégué à la protection des données (coordonnées indiquées ci-dessus).

Transferts de données envisagés vers un pays hors Union européenne (ou vers une organisation internationale) assurant un niveau de protection adéquat (ou des garanties appropriées)

Aucun transfert en dehors de l’Union européenne n’est prévu dans le cadre de cette étude.

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