CARACTÉRISTIQUES
Contexte
La dépression majeure est l’une des principales causes d’altération de la qualité de vie, en terme d’incapacité, de morbi-mortalité ou d’impact socio-économique. Elles est fréquemment associé à des comorbidités somatiques, parmi lesquelles les parodontites sont évoquées. Ces dernières constituent un groupe de de maladies inflammatoires à composantes infectieuse caractérisées par la destruction progressive du tissu de soutien des dents et peuvent être associées, directement ou indirectement, à d’autres pathologies systémiques. L’association entre dépression et parodontite décrite dans la littérature pourrait s’expliquer par des facteurs confondants (comme le tabagisme ou les disparités socio-économiques) ou des médiateurs biologiques faisant intervenir des mécanismes inflammatoires.
Objectifs
- Vérifier l’existence d’un lien entre dépression et parodontite
- Explorer l’hypothèse d’une confusion du lien entre dépression et parodontite par des facteurs socio-économiques
- Explorer le rôle confondant et/ou modérateur de la parodontite dans le lien entre dépression et inflammation de bas grade
- Explorer le rôle confondant/médiateur des comportements de santé (notamment le tabagisme) et des comorbidités (indice de masse corporelle ainsi que les autres comorbidités déclarées) dans le lien entre dépression et parodontite
- Si applicable, réaliser un modèle structural rassemblant ces différentes hypothèses
Méthodes
Les états dépressifs sont mesurés à l’inclusion et tous les trois ans à l’aide de l’échelle CESD. Un modèle linéaire général (GLM) sera utilisé pour examiner les différences de sexe, d’âge et de statut socio-économique, de tabagisme, d’état de santé associées à la parodontite et à la dépression. Des modèles de Cox ajustés sur les facteurs confondants seront réalisés pour examiner l’association longitudinale entre la parodontite et la survenue d’un épisode dépressif. Les hypothèses de modérations seront vérifiées par l’introduction d’un terme d’interaction avec la parodontite dans les modèles. De la même manière, un GLM puis un modèle de Cox ajusté sur les facteurs socio-démographiques, les comorbidités et les comportements de santé exploreront l’hypothèse d’une médiation/modération par la présence d’une parodontite dans l’association entre la dépression et l’inflammation de bas grade mesuré par le rapport neutrophile sur lymphocytes (NLR). Puisque nous supposons que les différences de sexe, de niveau socio-économique et comportementaux expliquent l’association des états dépressifs avec la présence d’une parodontite, mais aussi la prévalence de ces deux pathologies, nous prévoyons de réaliser un modèle structural de médiation/modération.
Perspectives
Cette étude s’inscrit dans le développement d’une médecine 4P (personnalisée, préventive, prédictive et participative). Particulièrement, elle devrait permettre au niveau individuel d’effectuer un meilleur ciblage quant aux besoins de soins de patients souffrant de l’une ou l’autre pathologie et, au niveau collectif, de déterminer quelles mesures de prévention seraient à privilégier. Il ouvre la voie à l’intégration de dimensions biologiques, psychologiques et sociales dans la prise en charge de ces patients confrontés à une problématique de santé mixte, de santé mentale et physique.
Informations réglementaires
Responsable de traitement
Démarches réglementaires en cours ou à venir.