Recherche et études

Coût reproductif et orientation sexuelle

CARACTÉRISTIQUES

Responsable scientifique M. Raymond
Organisme de rattachement Centre national de la recherche scientifique (CNRS)
Spécificités Données uniquement
Année d'acceptation 2026
Statut En cours

Contexte

La préférence homosexuelle n’est actuellement décrite que dans l’espèce humaine (et dans deux espèces domestiques). C’est un trait héritable associé à un coût reproductif : il faut donc trouver un avantage compensatoire indirect pour expliquer son existence à une fréquence relativement importante. Plusieurs hypothèses ont été proposées, comme la sélection de parentèle, des facteurs pléiotropes antagonistes, ou la sib-competition. Aucune de ces hypothèses évolutives ne fait actuellement consensus. 
Dans le cadre d’un programme de recherche développé pour tester les hypothèses évolutives de la préférence homosexuelle dans la population française, il est primordial de bien estimé le coût reproductif. Effectivement, le principe est de trouver un avantage indirect compensant, au moins, ce coût reproductif. 

La mesure de ce coût est très variable dans la littérature, et cela est expliqué en premier lieu par un effet culturel, par exemple le coût est très fort dans des sociétés présentant un troisième genre, comme à Samoa, sans doute du fait d’une très faible homophobie dans ce type de société. Cette variation culturelle suggère qu’il est important d’avoir une mesure directement à partir de la population étudiée. Mais cette variation des estimations provient aussi d’un manque de contrôle par des variables confondantes, comme l’age. Ainsi plusieurs études ne contrôlent pas pour l’age, ce qui conduit à des surestimations ou des sous-estimations du coût reproductif, lorsque la moyenne d’âge du groupe des hétérosexuels est plus élevé ou moins élevé, respectivement, que la moyenne d’âge du groupe des homosexuels. Mais d’autres variables confondantes comme le statut socio-économique, ne sont généralement pas prises en compte.

Globalement, les études sur les femmes sont moins nombreuses, avec des tailles d’échantillons faibles. Aussi bien pour les femmes que pour les hommes, les facteurs confondants ne sont souvent pas pris en compte. 

Objectifs

Cette étude vise à mesurer précisément le coût reproductif des individus homosexuels (hommes et femmes) en France, par rapport aux hétérosexuels, en contrôlant les variables confondantes.
L’objectif est de fournir une estimation fiable et locale du coût reproductif, essentielle pour tester les hypothèses évolutives.

Méthodes

Cette étude est transversale et concerne le sous-ensemble de la cohorte des individus dont la langue maternelle est le français. Cette restriction est justifiée par le fait que le coût reproductif varie suivant les contextes culturels. Ce sous-groupe, majoritaire dans CONSTANCES, permet de contrôler partiellement cette hétérogénéité d’origine culturelle.

Perspectives

Une estimation précise du coût reproductif permettra de tester rigoureusement les mécanismes évolutifs proposés. Plus généralement, les études scientifiques sur l’orientation sexuelle, particulièrement sur ses origines et son évolution, en plus de répondre à une question fondamentale en biologie évolutive, participent à mieux comprendre un sujet d’importance sociétale, pour lequel les connaissances scientifiques sont indispensables.

Informations réglementaires

Responsable de traitement

Démarches réglementaires en cours ou à venir.