Recherche et études

Liens entre travail et santé chez les aides-soignant(e)s

CARACTÉRISTIQUES

Responsable scientifique MN. Vercambre-Jacquot & E. Pacheco Da Silva
Organisme de rattachement Fondation MGEN pour la Santé Publique
Spécificités Données uniquement
Année d'acceptation 2026
Statut En cours

Contexte

Le métier d’aides-soignant·e·s (AS) consiste à veiller au confort et au bien-être de personnes en situation de fragilité, que ce soit à l’hôpital, en maisons de retraite ou encore à domicile. Cette profession, très fortement féminisée (≥90% de femmes), expose les professionnel·le·s qui l’exerce à de multiples contraintes physiques et risques psychosociaux.
Plusieurs études observationnelles ont montré des associations entre ces expositions professionnelles et un risque accru d’anxiété et de dépression, de troubles musculosquelettiques (TMS) ainsi que d’absentéisme. Néanmoins, les recherches portant spécifiquement sur les aides-soignant·e·s restent limitées. En effet, la grande majorité des études sont transversales. Par ailleurs, chaque facteur d’exposition est généralement considéré individuellement sans prendre en compte la multiplicité et les interrelations entre ces facteurs souvent dépendants. De plus, il est nécessaire d’approfondir la compréhension des relations entre les conditions de travail, les facteurs personnels et familiaux et la santé des aides-soignant·e·s. Enfin, aucune étude épidémiologique n’a été conduite en France auprès des aides-soignant·e·s, alors même que l’hétérogénéité des terminologies utilisées à l’international limite la généralisation des résultats au contexte français, étant donné les différences de statut, de qualifications et de tâches sous-jacentes.

Objectifs

Cette étude vise à étudier les facteurs de risque professionnels pour la santé mentale et physique des aides-soignant·e·s en France, en tenant compte du contexte personnel et familial, à partir des données longitudinales de la cohorte CONSTANCES.

Méthodes

L’ensemble des volontaires CONSTANCES exerçant ou ayant exercé le métier d’aide-soignant (n≈1450 aides-soignant·e·s à l’inclusion auxquelles s’ajouteront les aides-soignant·e·s par le passé ou au cours du suivi) seront sélectionnées pour la réalisation de cette étude. Y sera adjoint, à des fins de comparaison, un échantillon de taille égale composé d’employé∙e∙s exerçant dans des secteurs professionnels autres que sanitaire et médico-social. Nous analyserons les données collectées par questionnaires à l’inclusion et/ou lors des suivis annuels dans le cadre général de CONSTANCES, relatives à la santé mentale (échelle CES-D, affections psychiques auto-rapportées), les troubles musculosquelettiques, la santé perçue, les expositions professionnelles (contraintes organisationnelles, biomécaniques, déséquilibre effort/récompense, exposition au public) ainsi que le contexte personnel (facteurs socioéconomiques/familiaux etc.). Plusieurs analyses statistiques seront envisagées pour répondre à nos objectifs, notamment des analyses en classes latentes, des modèles linéaires mixtes et des modèles d’équations structurelles. L’analyse des données et la valorisation des résultats sont prévues pour une durée prévisionnelle de 4 ans à compter de la date de réception des données.

Perspectives

Cette étude réalisée à partir des données longitudinales des aides-soignant·e·s participant à CONSTANCES, permettra de faire un état des lieux de leur santé et expositions professionnelles, et contribuera à identifier les facteurs de risque pour leur santé mentale et/ou physique. Ce travail s’inscrit dans une finalité de promotion de la santé des aides-soignant·e·s, une population très féminisée, peu avantagée socioéconomiquement et relativement invisibilisée parmi les soignants, notamment souvent oubliée dans les études épidémiologiques ainsi que les politiques de santé publique et les politiques sociales. Il s’agira de contribuer à mettre au point des leviers de prévention ciblés pour préserver leur santé, améliorer leurs conditions de travail et favoriser leur maintien dans l’emploi. A terme, la démarche participera aussi à l’amélioration de la qualité des soins apportés aux publics fragilisés qu’elles accompagnent.

Informations réglementaires

Responsable de traitement

Le traitement des données à caractère personnel est placé sous la responsabilité de la Fondation MGEN pour la Santé Publique (FESP), située au 3 square Max-Hymans, 75 748 Paris Cedex 15 – www.fondationmgen.fr

Délégué à la protection des données

Pour la cohorte : Délégué à la protection des données de l’Inserm, dpo@inserm.fr ou 101 rue de Tolbiac, 75 013 Paris.
Pour l’étude : Délégué à la protection des données de la Fondation MGEN pour la santé publique par courrier à l’adresse suivante : MGEN- Data Protection Officer, 3 square Max Hymans, 75748 Paris Cedex 15.

Base légale du traitement et recours à des données dites sensibles

Le traitement de données personnelles nécessaire à la mise en œuvre de cette étude répond à l’exécution d’une mission d’intérêt public dont est investie la Fondation MGEN pour la santé publique, et nécessite le traitement de données à caractère personnel à des fins de recherche scientifique.

Catégories de données concernées par les traitements

Données relatives aux expositions professionnelles et à l’histoire professionnelle, aux paramètres de santé, aux caractéristiques socio-éco-démographiques, au contexte personnel/familial ainsi qu’aux indicateurs de comportements de santé.

Destinataires ou catégories de destinataires des données à caractère personnel

Dans le cadre de cette étude, les données seront mises à disposition de la responsable de l’étude, chercheuse à la Fondation MGEN pour la Santé Publique, France. Cette mise à disposition est nécessaire à la réalisation des analyses statistiques menées par l’équipe en charge de l’étude.

Durée de conservation en base active des données à caractère personnel

Les données seront conservées par le responsable de traitement dans un espace sécurisé au CASD pendant 4 ans, de mai 2026 à juin 2029. Par ailleurs, les données sont archivées par l’UMS11 dans le cadre de l’autorisation initiale de la cohorte Constances jusqu’en 2041 (durée susceptible d’être prolongée par une nouvelle autorisation de la CNIL).

Droits des personnes concernées et modalités d’exercice de ces droits

Les données nécessaires à cette étude sont traitées conformément au Règlement général relatif à la protection des données « RGPD » (Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016) et à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés. L’ensemble des droits et les moyens pour les exercer sont disponibles sur « Droits et protection des données ». Il est également possible de s’adresser au responsable de traitement de cette étude, par l’intermédiaire de son délégué à la protection des données (coordonnées indiquées ci-dessus).

Transferts de données envisagés vers un pays hors Union européenne (ou vers une organisation internationale) assurant un niveau de protection adéquat (ou des garanties appropriées)

Aucun transfert en dehors de l’Union européenne n’est prévu dans le cadre de cette étude.

Secret Link