CARACTÉRISTIQUES
Contexte
Le métier d’aides-soignant·e·s (AS) consiste à veiller au confort et au bien-être de personnes en situation de fragilité, que ce soit à l’hôpital, en maisons de retraite ou encore à domicile. Cette profession, très fortement féminisée (≥90% de femmes), expose les professionnel·le·s qui l’exerce à de multiples contraintes physiques et risques psychosociaux.
Plusieurs études observationnelles ont montré des associations entre ces expositions professionnelles et un risque accru d’anxiété et de dépression, de troubles musculosquelettiques (TMS) ainsi que d’absentéisme. Néanmoins, les recherches portant spécifiquement sur les aides-soignant·e·s restent limitées. En effet, la grande majorité des études sont transversales. Par ailleurs, chaque facteur d’exposition est généralement considéré individuellement sans prendre en compte la multiplicité et les interrelations entre ces facteurs souvent dépendants. De plus, il est nécessaire d’approfondir la compréhension des relations entre les conditions de travail, les facteurs personnels et familiaux et la santé des aides-soignant·e·s. Enfin, aucune étude épidémiologique n’a été conduite en France auprès des aides-soignant·e·s, alors même que l’hétérogénéité des terminologies utilisées à l’international limite la généralisation des résultats au contexte français, étant donné les différences de statut, de qualifications et de tâches sous-jacentes.
Objectifs
Cette étude vise à étudier les facteurs de risque professionnels pour la santé mentale et physique des aides-soignant·e·s en France, en tenant compte du contexte personnel et familial, à partir des données longitudinales de la cohorte CONSTANCES.
Méthodes
L’ensemble des volontaires CONSTANCES exerçant ou ayant exercé le métier d’aide-soignant (n≈1450 aides-soignant·e·s à l’inclusion auxquelles s’ajouteront les aides-soignant·e·s par le passé ou au cours du suivi) seront sélectionnées pour la réalisation de cette étude. Y sera adjoint, à des fins de comparaison, un échantillon de taille égale composé d’employé∙e∙s exerçant dans des secteurs professionnels autres que sanitaire et médico-social. Nous analyserons les données collectées par questionnaires à l’inclusion et/ou lors des suivis annuels dans le cadre général de CONSTANCES, relatives à la santé mentale (échelle CES-D, affections psychiques auto-rapportées), les troubles musculosquelettiques, la santé perçue, les expositions professionnelles (contraintes organisationnelles, biomécaniques, déséquilibre effort/récompense, exposition au public) ainsi que le contexte personnel (facteurs socioéconomiques/familiaux etc.). Plusieurs analyses statistiques seront envisagées pour répondre à nos objectifs, notamment des analyses en classes latentes, des modèles linéaires mixtes et des modèles d’équations structurelles. L’analyse des données et la valorisation des résultats sont prévues pour une durée prévisionnelle de 4 ans à compter de la date de réception des données.
Perspectives
Cette étude réalisée à partir des données longitudinales des aides-soignant·e·s participant à CONSTANCES, permettra de faire un état des lieux de leur santé et expositions professionnelles, et contribuera à identifier les facteurs de risque pour leur santé mentale et/ou physique. Ce travail s’inscrit dans une finalité de promotion de la santé des aides-soignant·e·s, une population très féminisée, peu avantagée socioéconomiquement et relativement invisibilisée parmi les soignants, notamment souvent oubliée dans les études épidémiologiques ainsi que les politiques de santé publique et les politiques sociales. Il s’agira de contribuer à mettre au point des leviers de prévention ciblés pour préserver leur santé, améliorer leurs conditions de travail et favoriser leur maintien dans l’emploi. A terme, la démarche participera aussi à l’amélioration de la qualité des soins apportés aux publics fragilisés qu’elles accompagnent.
Informations réglementaires
Responsable de traitement
Démarches réglementaires en cours ou à venir.