CARACTÉRISTIQUES
Contexte
La maladie de Parkinson est une affection neurodégénérative dont la fréquence augmente avec l’âge et qui touche davantage les hommes. Longtemps silencieuse, elle est précédée par une phase prodromale au cours de laquelle la perte des neurones dopaminergiques de la substance noire progresse pendant 5-7 ans avant le diagnostic. Durant cette période, des symptômes moteurs discrets peuvent survenir, parfois responsables de chutes, tandis que des symptômes non moteurs tels que constipation, troubles du sommeil paradoxal, hyposmie, troubles de l’humeur ou dysfonctionnement autonome apparaissent souvent des années, voire des décennies, avant les signes moteurs. Certaines études suggèrent un recours accru aux soins durant cette phase. Il n’existe pas d’études sur la relation entre des mesures objectives de la vitesse de marche et force de préhension ou des mouvements oculaires avec l’incidence de la maladie de Parkinson. Une étude récente évoque un lien entre troubles auditifs et risque accru de la maladie de Parkinson. Mieux comprendre la phase prodromale et identifier des marqueurs objectifs permettraient d’améliorer le repérage précoce et d’ouvrir la voie à des stratégies de prévention ou d’intervention plus efficaces.
L’étiologie de la maladie est multifactorielle : les antécédents familiaux et certains gènes augmentent légèrement le risque, notamment dans les formes à début précoce, mais des expositions environnementales, comme les pesticides, jouent aussi un rôle reconnu. D’autres facteurs, comme certains solvants (dont le trichloroéthylène), les métaux ou la pollution de l’air, pourraient également contribuer. À l’inverse, le tabagisme, l’activité physique, le régime méditerranéen ou les statines semblent associés à un risque réduit. L’hypothèse DOHaD (developmental origins of health and disease OU origine développementale de la santé et des maladies) suggère que des perturbations très précoces du développement dopaminergique, entre la cinquième et la septième semaine de gestation, pourraient prédisposer à la maladie de Parkinson plusieurs décennies plus tard. Des expositions prénatales toxiques ou infectieuses pourraient réduire le nombre initial de neurones ou accélérer leur perte au cours de la vie. Certaines études épidémiologiques montrent des associations entre saison de naissance et risque de maladie de Parkinson. L’âge maternel élevé ou la présence de frères et sœurs plus âgés pourraient également influencer le risque. Ainsi, la maladie de Parkinson résulte probablement d’interactions complexes entre facteurs génétiques, expositions environnementales à différents moments de la vie, y compris durant la période prénatale, et processus liés au vieillissement.
Objectifs
- Caractérisation des symptômes prodromaux de la maladie de Parkinson :
- Décrire la prévalence de plusieurs symptômes prodromaux et leur chronologie par rapport au diagnostic de la maladie de Parkinson
- Estimer le risque de développer une maladie de Parkinson chez les personnes présentant ces symptômes à l’inclusion ou au cours du suivi
- Identifier les facteurs associés à la présence des symptômes prodromaux
- Identifier les facteurs de risque de la maladie de Parkinson :
- Confirmer des associations avec des expositions classiques (comportements de santé ; traumatismes crâniens ; facteurs hormonaux/reproductifs ; antécédents familiaux de maladie de Parkinson) qui pourront servir de facteurs de confusion ou de stratification dans les analyses
- Analyser spécifiquement les expositions professionnelles (catégories professionnelles, solvants, métaux)
- Etudier le rôle des pesticides et solvants domestiques
- Etudier le rôle de certains médicaments (inhibiteurs calciques, diurétiques, statines)
- Explorer l’hypothèse du rôle des facteurs prénataux/postnataux précoces
Méthodes
- Population d’étude : Tous les participants de la cohorte Constances, avec les données d’inclusion et de suivi.
- Identification des cas de maladie de Parkinson : En collaboration avec l’équipe Constances, nous avons appliqué chaque année un algorithme validé qui utilise les remboursements d’antiparkinsoniens du SNDS, ce qui nous a permis d’identifier environ 400 cas incidents de maladie de Parkinson au cours du suivi.
- Données :
- Elles proviennent à la fois des questionnaires (dont celles du questionnaire de suivi annuel 2026 portant sur troubles du sommeil paradoxal, somnolence diurne, troubles de l’odorat, troubles moteurs discrets), des bilans senior (dont celles des mouvements oculaires) et du SNDS et couvrent une variété de thématiques.
- Analyses statistiques :
- Analyses de trajectoires des symptômes prodromaux par une étude cas-témoin nichée en appariant 20 témoins à chaque cas, sur l’âge au moment du diagnostic du cas, le sexe et le CES.
- Analyse de survie pour évaluer l’association entre les expositions et la survenue de la maladie de Parkinson.
Perspectives
Cette étude permettra de :
- Mieux définir la période pré-motrice et les profils de symptômes annonciateurs de la maladie
- Etudier le rôle de certaines expositions professionnelles et environnementales dans la genèse de la maladie de Parkinson
- Explorer le potentiel neuro-protecteur de certaines classes thérapeutiques
- Examiner l’hypothèse DOHaD dans le contexte de la maladie de Parkinson
Ces résultats contribueront à améliorer la compréhension de l’étiologie de la maladie de Parkinson, à identifier des leviers de prévention et à préparer le terrain pour des stratégies de détection précoce et d’intervention.
Informations réglementaires
Responsable de traitement
Démarches réglementaires en cours ou à venir.