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Hypertension et comportements : des risques chiffrés

Modifié le 23/12/2019

La richesse des données de Constances a permis d’étudier, pour la 1ère fois, les risques d’hypertension artérielle sur une large population française. Sédentarité, consommation d’alcool et alimentation non équilibrée sont fortement associées à l’hypertension, avec des effets combinés. Ces résultats ont été publiés en novembre 2019 dans Journal of Hypertension.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’hypertension est l’une des principales causes de mortalité précoce dans le monde, à l’origine de plus de 10 millions de décès par an. Pour mieux comprendre les facteurs de risque de cette maladie dans la population française, des chercheurs ont analysé une extraction de données anonymisées de la cohorte Constances comprenant 86 500 personnes. Ils ont trouvé des associations entre plusieurs comportements délétères pour la santé et l’hypertension — une fois l’âge, le sexe, le niveau d’éducation et les revenus pris en compte.

Les personnes hypertendues sont plus corpulentes, consomment davantage d’alcool, sont davantage sédentaires et ont une alimentation plus pauvre en fruits/légumes et plus riche en sel que les personnes non hypertendues. Grâce à des modèles statistiques, les chercheurs ont chiffré l’impact individuel et combiné de ces comportements sur l’hypertension. « L’obésité augmente de + de 90 % la probabilité d’hypertension, la surconsommation d’alcool de 31 %, la non adhérence a une alimentation optimale de 18 % et la sédentarité de 6 %. En ayant plus de 2 comportements délétères, on double son risque d’hypertension. Avec 3 comportements délétères, on multiplie ce risque par 2,3 » indique Michelle Cherfan, chercheuse à l’école doctorale Galilée (Université Paris 13) et 1ère auteure de l’article publié dans Journal of Hypertension.

« Cet effet combiné n’avait jamais été étudié en France. On sait toute la difficulté à modifier ses comportements dans la vie quotidienne. Cibler un, deux comportements est un premier pas. On n’est pas tous égaux devant la surcharge pondérale par exemple ; il est alors important d’être plus vigilant sur le temps passé devant les écrans ou sa consommation d’alcool » souligne Jacques Blacher, professeur et cardiologue de l'Hôtel-Dieu à Paris qui a supervisé l’étude.

Référence bibliographique :
Unhealthy behavior and risk of hypertension – The CONSTANCES population based cohort, Cherfan, M. et al., Journal of Hypertension (2019), 37:2180–2189

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