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La biobanque de Constances, un outil pour l’avenir

Modifié le 04/04/2019

Début avril 2019, près de 250 000 tubes d’urine, plasma, sérum et couche leuco-plaquettaire provenant de 9 500 volontaires étaient stockés dans la biobanque de Constances, à l'Integrated BioBank of Luxembourg. D’ici à juillet 2021, il est prévu de recueillir les échantillons de 85 000 participants soit un total de 2,2 millions d’aliquots !

Suite à un appel d'offres européen, l’Integrated BioBank of Luxembourg (IBBL) a été choisie en tant qu’infrastructure pour la mise en place de la biobanque Constances. Composante du Luxembourg Institute of Health (Institut luxembourgeois de la Santé), cet organisme à caractère public offre toutes les garanties de qualité scientifique et technique, de sécurité et de confidentialité.

Les tubes de sang prélevés dans les Centres d’examens de santé sont traités de manière totalement automatisée à l’IBBL. Objectif : séparer et répartir les différents constituants (sérum, plasma, couche leuco-plaquettaires) dans de nouveaux tubes. Crédits : IBBL.

Un processus collaboratif

Stockage de nouveaux échantillons dans une cuve d’azote liquide. Crédits : IBBL.

Le bon fonctionnement des opérations de la biobanque repose sur la collaboration étroite entre tous les partenaires impliqués, notamment l’IBBL, l’équipe Constances, les 21 CES et la CNAM (Caisse nationale de l’assurance maladie). IBBL a été chargée de la collecte en fournissant des kits, du transport, du traitement et de la conservation des échantillons, garantissant leur traçabilité tout au long du processus.

Avec le consentement des donneurs, des échantillons d’urine et de sang sont collectés par les CES à l’aide des kits fournis par IBBL et conformément à des modes opératoires normalisés. Les échantillons sont ensuite transportés à IBBL et traités de manière totalement automatisée le lendemain du prélèvement afin d’être divisés en petites quantités (les aliquots). Après traitement et contrôle de la qualité, les aliquots de sérum, de plasma, d’urine et de couche leuco-plaquettaire ainsi générés (26 aliquots sont produits pour chaque volontaire) sont stockés dans des cuves de vapeur d’azote liquide, dans une zone de stockage dédiée à Constances. IBBL fournit également aux CES une infrastructure informatique pour enregistrer toutes les données associées aux échantillons collectés.

Gérer la complexité

Le projet comporte une certaine complexité liée à sa durée sur 3 ans, aux 15 000 collectes à organiser auprès des 21 CES répartis sur 24 sites en France métropolitaine et au grand nombre d'aliquots à stocker. « Notre priorité est d’assurer la qualité des échantillons et des données produites à travers des processus rigoureux et efficaces. Afin de garantir des températures appropriées et un délai de 36 h au maximum entre le moment de la collecte et celui du stockage, nous avons mis en place un système complet de contrôle de qualité qui est constamment amélioré, en collaboration avec les CES et le transporteur. Ces mesures permettront la collecte d’environ 2.2 millions d’aliquots auprès de 85 000 volontaires d’ici la fin du projet prévue en 2021 » indique IBBL.

Tous les échantillons des volontaires sont stockés dans des cuves de vapeur d’azote liquide dans une zone de stockage dédiée à Constances. Crédits : IBBL.

Un outil pour les chercheurs

« L'intérêt scientifique de la biobanque Constances est de redistribuer, ensuite, tous ces échantillons aux chercheurs. Ces échantillons pourront aider à élucider les mécanismes de maladies complexes, à comprendre le rôle des interactions entre les facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux dans le développement des maladies et à découvrir de nouveaux biomarqueurs » explique Marie Zins, responsable scientifique et technique de Constances.

Les équipes souhaitant utiliser les échantillons de la biobanque devront soumettre un projet scientifique à Constances qui devra être validé par le Conseil scientifique international et le Comité de pilotage institutionnel. Ils devront également disposer des autorisations réglementaires du Comité de protection des personnes (CPP), de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL),… Seules les équipes de recherche issues de pays ayant une réglementation en matière de bioéthique commune à la France pourront accéder aux échantillons.

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